| 摘要 | Cette étude concerne le Budai dansant (fig. 1), du musée Kôsetsu à Kobe, considéré au Japon comme un des chefsd'oeuvre de la peinture Chan, traditionnellement attribué à Liang Kai, célèbre peintre chinois du XIIIe siècle. Nous savons peu de choses sur Liang-Kai. Selon Speiser, il vécut à peu près entre 1140 et 1210. D'autres auteurs reculent sa mort jusqu'en 1224. La légende en a fait un esprit fort, indépendant, refusant l'honneur de la ceinture d'or et quittant l'Académie impériale. On se plait à souligner son penchant pour le vin. Lui-même prit le surnom : Liang Fengzi « enfant du vent », c'est-à-dire vagabond. Il se fit moine et travailla au Liutongsi, un temple Chan près de Hangzhou. Peintre, il fut loué, selon un poème du maître Chan, Jujian (mort en 1246), pour n'utiliser l'encre qu'aussi parcimonieusement que de l'or. Quant à Budai, c'était peut-être un moine historique de la fin des Tang, récupéré par la légende qui dit que son nom était Qici. Budai, « sac de toile », était son surnom. Toujours selon la légende, il avait un gros ventre, mendiait au marché, mettait les aumônes reçues dans un gros sac jeté sur son épaule et savait prédire le temps et l'avenir. Trois siècles plus tard, il fut considéré comme une incarnation de Maitreya, le Buddha de l'avenir, avant que d'être finalement vénéré comme un des dieux de la chance des Chinois. Un examen attentif de la peinture révèle des traits qui nous font douter de son authenticité particulièrement pour l'exécution du visage (fig. 2). Les minuscules yeux, le nez et la bouche béante et rieuse, rapprochés de façon anormale et placés dans la moitié inférieure du visage rond, lui donnent une expression de naïveté grotesque. Le double trait en forme de croissant horizontal, placé audessus du nez et des yeux est particulièrement bizarre. On dit qu'il illustre ainsi la légende selon laquelle ses sourcils étaient froncés. Il est rare, pourtant, de rire en fronçant les sourcils. L'aspect caricatural vient donc du contraste entre le visage peint au pinceau en traits fins et noirs et le grand cercle de la tête à peine ébauché au lavis pâle, les oreilles et les plis du menton et du ventre sont indiqués aussi finement que les yeux et la bouche. Si l'on regarde attentivement, on distingue sous ce premier visage, les faibles traces d'un second. Près des pointes du croissant horizontal, on peut discerner une autre paire d'yeux, à peine plus grands, mais peut-être moins bridés. On décèle aussi, au-dessous des coins de la bouche, des lavis d'encre pâle semblant indiquer une autre bouche aux coins rabaissés, sans trace de sourire. Cette autre bouche et cette seconde paire d'yeux s'accordent plus naturellement avec la grosse tête et semblent moins disproportionnés que le visage caricatural aux traits d'encre foncée. Ce même contraste de deux manières superposées se retrouve dans la réprésentation du corps, des vêtements, du sacs et du bâton porté sur l'épaule. Le bâton, un trait d'encre noire, semble trop mince pour supporter un sac aussi gonflé, indiqué lui aussi par une seule courbe quasi géométrique, ne donnant aucun volume. La robe, d'abord exécutée en traits d'encre pâle avec un large pinceau de paille, semble avoir été retouchée au lavis avec des traits fins. Les pieds, les bras, les mains surtout, beaucoup trop petites, sont retouchés avec des traits aussi minces et noirs que ceux du visage caricatural et montrent un maniérisme précieux dérivé des mûdra des saints de la peinture bouddhique conventionnelle. Ceci prouve donc qu'il s'agit de repeints sur un original estompé ou une esquisse au lavis. Les parties de ce que nous proposons de voir comme l'original, encore visibles à l'œil nu, rappellent singulièrement le portrait du Fênggan (fig. 3), chef-d'œuvre attribué à Li Jue, disciple de Liang Kai. Speiser a publié autrefois un Budai gravé sur pierre (fig. 9) avec une inscription prétendument de Su Shi (1036-1101 ) et l'a attribué à Cui Bo. Même si on accepte celui-ci comme « type » icon |